Non, le social ne coûte pas trop cher !

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Publié le 10 Juil 2017 dans Actualités

En réponse au bulletin n° 45 du « Cercle du Silence » de Tours, la présidente et le conseil d’administration d’Entraide et Solidarités souhaitent apporter quelques précisions sur le fonctionnement de nos services 115 et hébergement CHRS évoqués dans cette publication.

Concernant le 115, il s’agit d’une plateforme téléphonique chargée d’orienter les personnes sans domicile vers les places disponibles. Ce service fonctionne 7 jours sur 7 et se trouve confronté à un manque de place quotidien permanent qui peut aller les jours de crises jusqu’à 100 refus d’hébergement faute de places disponibles. Dans un tel contexte, les quelques places disponibles quotidiennement sont attribuées sur la base de critères sociaux de vulnérabilité prioritaires tels que l’âge des enfants ou les problèmes de santé déclarés.
Le fait de différer la réponse en fin d’après-midi permet donc de faire le point sur l’ensemble des demandes recensées et d’attribuer les places disponibles aux familles les plus prioritaires. La pression exercée sur les écoutants 115 ne fait que complexifier les choix et rendre encore un peu plus pénible la mission difficile qu’ils exercent. Les menaces et parfois injures qu’ils subissent sont totalement inacceptables, lorsqu’elles proviennent des demandeurs ou de militants qui soutiennent les demandeurs. Nous sommes déterminés à faire en sorte que nos écoutants salariés soient respectés.

Concernant l’hébergement CHRS, une comparaison est régulièrement faite entre le coût des places d’hébergement d’insertion qui offre, au-delà de l’hébergement et de la restauration, un CHRS et celui de l’action « Emmaüs 100 pour 1 ». Viendrait-il à l’idée de quiconque de comparer le prix d’une place en maison de retraite avec celui d’un logement autonome ? Le CHRS est un dispositif accompagnement social de proximité 24 heures/ 24 dans l’objectif d’un retour à l’autonomie.
Que penser des leçons données sur les économies réalisables sur nos budgets, si ce n’est qu’il s’agit d’un procès en incompétence des responsables des différents services et associations ?
En comparant ainsi les coûts, faut-il comprendre que le bien-fondé des CHRS est remis en question par ces militants ?

Ces postures nous inquiètent d’autant plus que cette antienne du « social qui coûte cher » pourrait finir par mettre à mal nos dispositifs sans pour cela trouver de nouvelles solutions pour les familles actuellement sans hébergement.
En conclusion nous souhaitons vivement que les informations publiées se concentrent sur les besoins sociaux non couverts que nous constatons et qu’Entraide et Solidarité dénonce régulièrement au lieu de cibler les services qui contribuent à offrir une réponse aux personnes en situation d’exclusion.


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